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Pascal Lamour, le miroir de l'apothicaire
II y a quelques années, Pascal Lamour parlait des plantes médicinales
avec sans doute la même passion que lorsqu'il évoquait les traditions
de son-neurs de couple de son pays vannetais. La pharmacopée bretonne
lui laissant quelque temps libre, et ses amis musiciens s'étant un
peu éloignés, il déci-da un jour de s'intéresser
de près à la chose informatique et aux musiques électroniques.
Coup de foudre. Cet univers de machines qui lui permettaient de sampler à
sa guise les nombreux instruments ethniques pour lesquels il montrait tant
d'intérêt était ce qu'il lui fallait pour construire sa
World Music à domicile. Quelques souvenirs d'un ima-ginaire personnel
plus la présence d'un ami percussionniste Mourad et voilà la
World Vannetaise teintée d'un Orient de Pierre Loti. Rencontre avec
ce créateur original et attachant qui présentera Er Miloèr
- Le Miroir - album et spectacle, au cabaret du festival Ouest Nord Ouest.
Pascal Lamour "
Il est important pour moi de dire que je suis sonneur traditionnel et que
je pratique toujours, mais il est vrai que l'Orient et l'Electronique me fascinent.
D'ailleurs, il y a dans les musiques orientales des liens évidents,
au moins au niveau modal, avec la musique bretonne ;
et dans les nappes rythmiques du trip-hop des transes que l'on retrouve dans
une danse plinn par exemple. Alors c'est vrai que j'utilise beaucoup d'instruments
sur scène ou dans mes albums, mais je ne prétends pas les maîtriser
pour autant parfaitement. Si je connais mieux les instruments à vent,
je me rends souvent en Bulgarie pour travailler la gaida qui est la cornemuse
des Balkans. Il s'agit davantage de me servir d'une palette de sons, de couleurs,
pour obtenir une ambiance. C'est aussi l'esthé-tique qui m'attire dans
des instruments comme le tympanon iranien ou l'harmonium indien.
On parle un peu du
spectacle qui sera donné à Quimper ?
Le spectacle, nous le
préparons depuis longtemps au Théâtre de l'Aire Libre
à Rennes St-Jacques, grâce à Claude Guinard qui s'intéresse
à toute cette famille de musiciens que nous sommes. ( On y trouve aussi
Anissa et Mars Drive, beau métissage entre les machines de François
Possémé et la voix marocaine d'Anissa, NDLR). On va essayer
de créer une sorte de trame cinématographique qui ne devrait
pas laisser le spectateur sans musique. Cela doit être un tout.
Entre chaque morceau on crée des liens, tant sur scène qu'avec
le public afin qu'il puisse comprendre ce qui se passe, et même ce qui
va se passer, même si les textes sont en breton. On va d'ailleurs utiliser
la vidéo sur scène. J'aime bien cette idée de cinéma,
cette référence, et imaginer que le spectateur s'installe à
notre spectacle comme devant un film d'une heure trente, sans interruption.
Et l'album ?
Ce sont les mêmes
amis musiciens que sur scène, Mourad Ait Abdelmalek aux percussions,
Eric Trochu aux claviers, Raphaël Chevalier au violon et Pascal Pottier
à la guitare électrique. C'est un album assez intimiste en ce
qui concerne les textes qui vont de clins d'il à Lou Reed à
des souvenirs de mon enfance, un univers de Korrigans qui sera balayé
par une culture moderne et télévisuelle où l'imaginaire
n'a plus sa place. C'est ça l'album, une mosaïque de choses assez
intimes.
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