Le Miroir de Pascal Lamour comme un reflet de l'avenir

Pascal Lamour a décidé, il y a deux ans de tourner une page professionnelle pour ne plus se consacrer qu'à la création. De cette immersion totale va naître dans quelques jours un CD cinq titres : "Le miroir", un reflet multiple de l'univers sonore du musicien vannetais.

Depuis " Sanzao " en 1999, Pascal Lamour n'avait rien enregistré. Son trip hop métissé entraînait alors l'auditeur vers des sonorités orientales. Parmi ses instruments exotiques, le sonneur technoïde avait expérimenté un outil simple et riche : la voix. Une piste qu'il creuse, sur toute sa gamme, dans " Le Miroir ". " Les compositions musicales restent toujours un mélange d'acoustique et d'électronique, mais la mélodie ne doit pas couper la parole à la voix ", explique Pascal Lamour.


Langue maternelle

Le troubadour du XXI' siècle s'est d'abord attaché aux textes. " En breton vannetais car je ne sais pas chanter en français ". Il livre du coup un album très personnel, quasi autobiographique. " Inguenein a ran " raconte ainsi l'histoire d'un crieur public du début du XX' siècle. Un homme qui donne des nouvelles et en apprend d'autres de ceux qui l'interpellent.
" C'est un peu mon histoire ".

Le musicien se nourrit en effet de ses rencontres en France et en Grande-Bretagne et de ses écoutes : " Beaucoup de techno, de rap de dub. Mais aussi du classique et de la musique ethnique. Peu de rock. ou alors très hardcore. Et pas de traditionnel breton ! "
Pourtant " Le miroir " a des tonalités plus " locales " que l'album précédent avec le retour de la bombarde et de la cornemuse. " C'est une évolution logique puisque je parle de la vie quotidienne des Bretons d'aujourd'hui. " Ce qui n'empêche pas un brin de nostalgie rieuse avec " Ma zad ha mamm ". " C'est une histoire rigolote que mes parents racontent sur mon enfance. Je les remercie de m'avoir offert des petites choses qui restent à jamais, des traditions ".


Lou Reed...


" Er miloer ", seul morceau instrumental du disque, montre d'ailleurs que le traditionnel peut prendre une tournure festive et métissée. De rap en pop, la voix de Pascal Lamour réserve un clin d'œil étonnant. " Disul vitin ", un chant traditionnel collecté à l'île aux Moines, prend un étonnant accent déconcertant. " Je me suis rendu compte que ce ti-tre était aussi, à la traduction près, celui d'une chanson de Lou Reed : Sunday Morning ". Il n'en fallait pas plus au créateur pour trouver une nouvelle passerelle entre univers musicaux.
Pascal Lamour a ensuite laissé mijoter les morceaux. Puis a retrouvé ses complices de scène et du groupe Arkàn pour l'enregistrement : Mourad Aït Abdelmalek aux percussions, Pascal Pottier à la guitare électrique, Eric Trochu aux claviers, Raphaël Chevalier au violon, François Possémé à la pré-production et Manu Bergot au son.
Ce premier reflet de la nouvelle carrière du korrigan électronique devrait sortir pour ses concerts. La pochette " grand bleu " de " Le miroir " ouverte comme un océan sur l'avenir.

Le Télégramme de Vannes Catherine Lozac'h 15 février 2002

Sonneur depuis toujours, Pascal Lamour passe aujourd'hui de la création instrumentale au chant, avec toujours la même passion du métissage.