Midem

Fin janvier s'est tenu à Cannes le Midem, salon professionnel mondial du marché de la musique.
Une entreprise vannetaise y était présente : BNC Productions. Les impressions de Pascal Lamour, un créateur.

Vous étiez présent pour la première fois au Midem. En deux mots, que représente ce salon ?
Pascal Lamour : c'est le marché mondial de la musique de tout genre et sur tout support. Mais on y ren-contre aussi la Sacem, des presseurs de CD, des responsables de marketing, de maisons de disque, des juristes. Uniquement des professionnels de cette industrie. Comme c'est la vitrine d'un marché mondial, il faut à la fois avoir des choses à proposer et à demander. Un groupe de musique qui n'a que son CD à proposer ne retirera rien d'une présence au Midem. Avant d'aller à Cannes, il fallait donc que BNC Productions soit une entreprise, que j'aie réfléchi à sa stratégie et que j'aie décidé de la développer au niveau international.

Qui avez-vous rencontré alors ?
Des gens de partout, sauf des anglo-saxons, même si j'ai surtout parlé anglais. Des Taiwanais, Coréens, Espagnols, Israéliens, Iraniens, Suis-ses, Belges... Des maisons de production, des tourneurs...

Avez-vous été surpris par cette expérience cannoise ?
Pas vraiment, parce que je n'y suis pas allé seul. La région Bretagne a un stand au Midem depuis plusieurs années, ce qui permet aux labels bretons d'être à ce rendez-vous international. Les plus "anciens"guident les nouveaux. Cette présence collective est d'ailleurs très intéressante. Elle nous permet de nous rencontrer, d'échanger entre nous. Elle nous rend aussi plus forts grâce à notre solidarité.
J'ai quand même été surpris de voir que le marché de la musique celtique est tenu par les Irlandais et les Ecossais, qui sont là uniquement pour vendre. Mais j'ai aussi été convaincu que la Bretagne a une image à confirmer et les labels une place à se faire.

Vous parlez d'une logique de marché et d'entreprise. Et l'ar-tistique dans tout ça ?
Sur le marché international, les interlocuteurs ne veulent pas savoir d'où on vient mais connaître la qualité des produits que l'on fait. Si votre musique est mauvaise, si elle a déjà été jouée 100 fois, vous n'avez aucu-ne chance. Mais quand on a un produit original et de qualité, il intéresse forcément quelqu'un. La musique de BNC Productions ne changera pas. Au contraire, je suis maintenant convaincu que Arkan, Dom Duff, Pascal Lamour peuvent avoir un public partout. Reste à continuer à travailler pour te toucher... Je serai à nouveau à Cannes en 2004 !

Propos recueillis par Catherine Lozac'h pour le Télégramme février 2003