Langue, littérature...

Entre autres composantes significatives, la littérature et la langue occupent une place conséquente dans la création. On ne peut pas se lancer dans un disque si l'on n'a pas réfléchi. Je me suis dit en préparant "Er Miloér" que je n 'allais pas forcément entrer dans une démarche intellectuelle par rapport a la langue. En revanche, il me fallait trouver des sujets qui soient d'actualité mais exprimés de manière simple. Alors je me suis retourné vers les textes bretons du XII au XVIIème pour bâtir des chansons. Textes très réduits concernant une petite histoire, souvent liée a un phénomène personnel. Comme dans" Inguenein a ran", qui évoque le plaisir de parler Breton, anecdote associée à l' idée que la Bretagne n'est pas à vendre. Nous avons un quotidien précieux et il faut toujours faire attention à ne pas brader notre culture en surfant sur la mode... "Ma zad ha mamm" est basé sur le rapport avec les parents. Un mode de vie va forcement disparaître si la langue bretonne n'est plus intégrée au quotidien. "Disul vitin" est un texte qui fut consigné au début du XXéme par JOSEPH Loth, professeur au Collège de France et à I 'Université de Rennes, collecté en Bretagne et notamment à l'lle aux Moines, avec référence à ses habitants. Il y est quelque part question de tourisme. Les Iles sont très belles et tout le monde veut y venir ; mais, se rend-on seulement compte que, quand les gens vivaient là toute l'année, il y a encore 50 ans, c'était l'horreur ? Ils y étaient enfermés et ne voyaient personne.

Patrimoines

Si vous rendez un jour visite à PASCAL LAMOUR dans la campagne morbihannaise, peut être vous ouvrira-t-il une de ses armoires séculaires, regorgeant de vieux synthétiseurs très recherchés par les collectionneurs. Il connaît parfaitement la tradition sonnée du pays vanne tais, qu'il pratique toujours. Il parle la langue bretonne et s'est lancé par curiosité, il y a une vingtaine d'années, dans la découverte des machines. Son idée de fusion s'inscrit dans un concept dont l'expression "la musique n'est pas que la musique" pourrait être la plus belle des illustrations.
Élevé par sa grand-mère dans une famille où l'on parlait breton pour que l'enfant ne comprenne pas, PASCAL finit par ressentir l'effet inverse. "Après cette immersion, avoue-t-il, j' ai, comme beaucoup de monde, laissé tomber parce que je suis allé en pension, mais vers l975, j'ai repris les discussions en Breton avec ma famille et les gens du coin. Si bien que maintenant je me débrouille bien ".

Parallèles avec Sunday Morning de Lou REED et sa réflexion sur la poésie (clin d'œil sympa, pas forcément voulu au départ) Je me suis rendu compte après coup que je l'ai enregistrée un dimanche matin,.. Ces éléments rendent ce travail précieux, pas au sens français XVIIIéme mais dans celui, fragile et simple, des questions que je pose : il faut créer un avenir pour la Bretagne "